Samedi 31 octobre 2009 6 31 /10 /Oct /2009 09:56
Samedi, j’ai donc effectué ma première journée de stage en entreprise, je suis vendeuse chez un grand distributeur de produits cosmétiques, maquillage et parfums. Il y avait 20 % de réduction sur tout le magasin. Ce jour là, c’était Noël avant l’heure, tout le monde s’est rué sur les produits de Luxe. Les parfums les plus chers ont étés vendus, certaines crèmes cosmétiques à plus de 350 euros le pot…une marque suisse, "la prairie". Il parait que c'est révolutionnaire. A ce prix là, ca peut l'être: la moitié d’un SMIC et l’équivalent d’un RMI…C’est fou ce que certains aiment se vautrer dans la luxure, à ce prix exorbitant…Donc mon premier jour de stage a été particulièrement intéressant pour m’entraîner à la vente, vu l’affluence de monde. Une de mes premières clientes, qui était entrée là, « pour regarder », est sortie avec plus de 150 euros d’achats de produits cosmétiques et parfums. J’étais fière de moi, mais un peu scrupuleuse. La petite dame sortait de chez le coiffeur, sentait le tabac à plein poumons, avait la tête bouffie d’une alcoolique. Je me suis dis qu’on était samedi et me suis imaginée qu’elle avait un rendez-vous galant rue de la roquette. Je l’ai pensée pleine d’espoir et prête à mettre tout de son côté, d’où ces intenses préparatifs pour la parade amoureuse à venir. Je lui ai donné ce qu’elle voulait entendre, des conseils, savoir comment se mettre en valeur, prendre soin d’elle, au final, c’est une séance d’estime de soi qu’elle a payé. Et c’est bien plus cher qu’un psy. Inimaginable, le nombre de clients que l’on voit passer dans la journée, et les demandes qu’il y a. Parfois, je n’imagine même pas qu’il puisse exister ce qu’ils demandent. Le tout est de donner l’illusion de savoir. Il est interdit de dire « je ne sais pas », « peut-être », « je ne suis pas sure ». Non, il faut montrer qu’il n’y a aucun doute, que le cosmétique qu’elles vont acheter sera indéniablement le meilleur, le plus efficace, le plus rentable, le plus luxueux, le plus ceci-cela selon la typologie de la cliente. Si c’est une angoissée, on lui vends des produits testés dermatologiquement, si c’est une cliente nature, des produits non testés sur les animaux, si c’est une bourgeoise, du Channel, du Dior, en gros de la marque qui permet de la différencier socialement parlant, si c’est une économe, des packs de produits avec un pot gratuit ou un cadeau, sans oublier surtout de fidéliser la clientèle…A chaque produit sa cliente et à chaque pot son couvercle. A chacune il correspond le truc de ses rêves, sous ses rêves il y a ses désirs qu’il faut chercher, sa personnalité à découvrir : besoin de réassurance ? Besoin de notoriété ? Besoin de s’affirmer ? Besoin d’économiser ? Besoin de se soigner ? Besoin de sympathiser ? Besoin de plaire ? Il n’y a pas de problème, il n’y a que des solutions. Quel prix sont-il prêts à mettre pour trouver leur bonheur ? Ici, nous le vendons en tube, en pot, en boite, en parfum, en cosmétique, en maquillage, en produits de beauté les plus diversifiés qu’il soit, le tout avec un sourire permanent scotché sur le visage, et des courbettes de circonstance. Certains clients demandent LE miracle. Il y en a une qui me demandait : « je vois mon ex-mari ce soir, à un mariage. Donnez moi un parfum pour récupérer mon ex-mari ». Là, il faut assurer, parce que c’est pas esthéticienne, qu’il faut être, en plus d’être psychologue, mais magicienne ! Et ce n’est pas de le dire qui est difficile. Enfin bref, on vend du rêve quoi. De l’espoir en tube. Pour les enrobés, la solution miracle amincissante (78 % des femmes qui l’ont essayé y voit un amincissement dès une semaine d’application !), le vernis à ongle qui tient 8 jours d’affilés même si on fait la vaisselle (y’a de quoi transformer la science cosmétique en religion, tellement on a de miracles !), le produit qui fait pousser les cils plus vite, la crème cosmétique qui fait retrouver la peau de sa jeunesse après une semaine d’application. Et les parfums…Ca, les parfums…On est tout autant délicat dans notre rhétorique, il y a des mots à employer, toujours en suivant la personnalité de la cliente. « Vous qui aimez les parfums de caractère », ou bien, parfum sensuel, discret, une invitation au voyage, une féerie, un parfum intemporel, distingué, de luxe, provoquant, envoûtant, délicat, troublant, le parfum du bonheur, éblouissant, féminin, joie de vivre, le tout pour vous habiller d’un sillage de désirs …Puis toutes les familles de fragrances à reconnaître, les fruités, orientaux, les fleuris, les épicés, les gourmands, les boisés, les océaniques…et toutes les composants : muguet, jasmin, miel, fève tonka, pétales de rose, vanille voluptueuse, amande amère, galbanum, chypre vert, musc blanc…C’est passionnant, le monde des parfums. Je gage que beaucoup de gens, ne demandent qu’à rêver, un peu, la plupart des choses sont des mises en scène des désirs, des rêves. Le parfum, les produits cosmétiques, comme le théâtre, les livres, les films, ont cette chose en commun d’avoir cette propension à nous abstraire de la réalité et à mettre en scène nos désirs. Ca fait parti de la vie, aussi. On joue en fait. Jouer, espérer, croire, aimer, c’est vivre. Et bien, ces gens que je rencontre, dans cette parfumerie, c’est cela, qu’ils font, ils achètent beaucoup plus qu’une odeur : c’est aussi, parfois une quête identitaire, une volonté de séduire, provoquer, attirer l’attention, ou de faire comme les autres pour s’intégrer, pour plaire…Dans tout les cas, de mon point de vue, c’est véritablement captivant !
Par Lola
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Dimanche 25 octobre 2009 7 25 /10 /Oct /2009 15:43

Ce dimanche midi la nouvelle colocataire passe déposer ses affaires. Elle s’installe dès ce soir. Qui? En bon samaritain? lui a proposé de venir s’installer dès le 24, date du départ de notre ancien colocataire? La vache...Moi qui avais tout calculé, pensant qu’elle allait attendre le début du mois de Novembre, pour s’installer, comme ça se fait habituellement ! La semaine de rêve que nous devions passer à deux restera à jamais plantée dans mon imaginaire, comme une légère frustration en suspend. Les pétales de roses déposées au sol jusqu’à la parure de lit, les lumières tamisées, bougies, petite musique sensuelle, des bulles, des fraises, une fragrance de roses et d’épices embaumant l’air…Le grand jeu, lui et moi, moi et lui, nous deux, tout les deux, là, les yeux dans les yeux, quatre yeux. Quatre ?

NON ! SIX ! Trois paires, d’yeux, dans le blanc desquels se regarder pour nos longues soirées automnales. Faudrait voir à ne pas pousser la bonté jusqu’à l’abnégation. Parce que moi, je ne marche pas dans la combine. Zut à la fin.

 

La demoiselle briseuse de semaine idyllique a une heure de retard, (et une semaine d’avance) sans compter le changement d’horaire, si c’est pas du manque de respect, ça ! Elle s’imagine que j’ai le temps d’attendre qu’il passe. Moi, j’ai bien du temps pour aimer la pluie, égoïstement,  mais bon mon temps est précieux. Et je le préfère en confettis qu’en fumée. Elle vient d’envoyer un SMS, « j sui retar », de ce fait je suppose qu’elle suppute que nous ne nous en étions pas encore aperçu. Alors, je ne sais pas, elle a du se perdre dans l’ascenseur, se tromper de rue, de ville, ou d’appartement, toujours est-il que moi, j’attends.

Par conséquent j’ai le temps de lui organiser un petit enfer pour me soulager de la frustration qu’elle m’inflige à son insu. Je suis diabolique. Si je mets mon imagination à contribution, avec un peu de bonne volonté de ma part, dans deux semaines, elle sera partie définitivement. L’enfer, ne sera rien à côté de ce qui lui attends. Tous ses placards sont ceux à raz du sol, ou à l’extrême au niveau du plafond. Il faut que je pense à lui dévisser ses ampoules électriques, à lui demander si elle est allergique à quelque chose, lui user ses lacets à la lime, lui filer ses collants. Puis, je lui annonce que j’ai un virus contagieux et que nous sommes en quarantaine. Je fais les soldes chez Truffaut : un lot de souris ! Aussitôt libérées dans le placard de sa chambre. Je lui remplace ses pantalons par la taille en dessous, j’ajoute trois kilos à la balanc, je prends des miroirs déformants et je feins d'être peinée quand je la regarde. Je change le tube de dentifrice pour un tube de colle. Enfin, je lui demanderais quelle musique elle déteste le plus, ce qui l’insupporte dans la vie, ce qu’elle ne pardonne pas. Et ensuite je m’applique à devenir la réplique exacte de ce qu’elle exècre le plus : sa hantise. Fastoche, et au pire, si tout cela échoue, il restera toujours les poupées vaudous. Je ne lui donne pas dix jours. J’ai plus qu’à compter sur mes doigts le temps qu’il reste. Ca promet d’être amusant. Je l’avais dit, quoi. Moi, je voulais un garçon, comme colocataire. Les filles, c’est chiant. Et au cas où ça aurait échappé à quelqu’un, j’ai pas oublié d’en être une. Chiante, peut-être, mais déterminée, ça s’est sur.

 

Bon, voilà, elle vient de passer. Pas trop tôt, vraiment, il est deux heures. Finalement, elle est sympa. Cette entrevue à dissipé mon hostilité de principe. Du coup, je vais lui acheter un escabeau, pour ses placards.  Ca me donnera bonne conscience.
Par Lola
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Dimanche 25 octobre 2009 7 25 /10 /Oct /2009 15:36

Nous avons finalement fini par choisir une colocataire. Je voulais un garçon. Oui, parce que les garçons, c’est quand même moins prise de tête que les filles. Faut pas le nier, les filles, j’en côtoie toute la journée et ça passe la majeur partie de son temps à se plaindre, à râler, à gémir et à se trouver des problèmes qui ne sont pas des vrais problèmes. Les garçons n’ont pas ce vice. Un problème, on le résout, et y’en a plus. Les filles, quand elles manquent de problèmes, elles s’en créent un autre illico. Oui, une fille, ça s’ennuie rapidement. Du coup, ça complique un peu les relations humaines. Je voulais un garçon, comme colocataire. Puis finalement on a choisi une espagnole. C’était pas par dépit, mais celui que j’avais choisi, moi, le doctorant en philosophie, il était un peu trop grand il risquait de faire de l’ombre. Alors on a pris une fille. Elle a l’air cool, elle ne parle qu’espagnol, même pas français. Puis elle est épilable, en plus. Ça c’est pas négligeable. Aie, comme je suis ! Je commence à regarder les gens bizarrement, dans la rue, dans le métro, je regarde s’ils ont des poils, un nez bien en face de la figure, des sourcils bien tracés, un maquillage qui bave pas, un fond de teint à la bonne couleur. Avec une formation en psychopathologie en plus, imaginez que c’est comme si je regardais le monde avec des lunettes de distorsion. Alors, des fois, je me dis, « tiens, celle-là, je lui arracherais bien quelques poils sur le menton »…ou bien…Celui-là, vu sa manière de parler, il est soit atteint d’une aphasie de Broca, soit il a les stéréotypies langagières d’un schizophrène. Puis au final, non. Dans le métro, je pose mes grosses-lunettes-de-myopes-qui-font-qu’on-voit-tout-chez-les-autres- et-puis-qui-marchent-moins-bien-pour-soi,  et mon cigare, je prends un bouquin, parce que sinon je ne m’en sors plus. Tiens j’en lis un très divertissant, en ce moment. C’est une enfant qui raconte, depuis ses six ans, comment elle voit son monde, elle aussi. Finalement chacun ses lunettes. J’aime bien, les miennes.

Par Lola
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Dimanche 11 octobre 2009 7 11 /10 /Oct /2009 23:06

J’avoue avoir lu Antigone d’Anouilh avec délectation. Tant que j’en ai lu les larmes aux yeux…à me rappeler de la quintessence de ce qui est dit, du fond, de la forme « Comprendre, comprendre, vous n’avez que ce mot là à la bouche ! Moi je ne veux pas comprendre, je comprendrais quand je serais vieille, si je deviens vieille. Pas maintenant… » Et là, elle évoque cette soif de vivre qui la caractérise, « et qui se levait le matin, rien que pour sentir l’air frais sur sa peau nue ? ». Nourrie des regrets qu’il y ait tant et tant de brins d’herbes et de fleurs qu’on ne puisse pas les cueillir toutes…comme si sa soif était insatiable. C’est terrible cette soif de vie, qu’on ne peut épancher, comme si tu voulais remplir ton existence de rire. Là, tu te rends compte que l'absolu, ce n'est pas palpable. Antigone d’Anouilh, c’était mon héroïne. Véritable, entière, indocile, révoltée, résignée, « Fais ce que tu as à faire, Créon, je ferais de même »…Ca m’a pris au corps, si poignant que ça t’empêche de relever les yeux de ton livre quand quelqu’un t’adresse la parole. D’ailleurs, je l’ai lu deux fois d’affilée, dans la même journée, histoire de m’imprégner du texte. J’aurais voulu le savoir par cœur. Remarque, à côté de Sophocle, ça ne vaut pas tripette, finalement, à côté, parce que l’Antigone de Sophocle, j’aurais carrément voulu être elle ! Pourquoi ? Question Ethique. Ce n’est pas un caprice de petite fille qui lutte pour rien, comme ça. Sophocle, lui, il parle d’Ethique, pas de suicide ! Au nom de quoi respecter la loi, lorsqu’elle contrecarre notre éthique ? Pas facile, d’être une Antigone, et payer de sa vie pour ses idées. En fait tout ça, ça me parle de liberté. Le libre arbitre en quelque sorte…Savoir dire non.
Je viens ce jour de terminer Antigone de Bauhaus. Ce qu’il y avait d’attrayant, outre que cela soit un récit et non du théâtre, c’est que nous y lisons l’Antigone pendant Œdipe. Je m’étais toujours arrêtée au moment où celui-ci se crève les yeux. Comme si tous les récits devaient s’arrêter là. Avec la moralité qui va avec, et tous ces trucs freudiens en sus. Jamais je n’avait supposé qu’Antigone, suive son père délirant pour mendier son pain. C’est un peu l’envers du décor. Comme une cerise sur un gâteau quand on lit. Bon, Antigone, elle est tout ce qu’on veut, belle, absolue, inflexible, mais on aura beau dire ce qu’on voudra, elle est flip pante, aussi. D’abord par sa force, celle d’accepter, résignée, la complexité des dilemmes de la cité et des questions qui n’appellent pas forcément de réponses. Force de porter cette volonté de résoudre des rapports pervertis sans chercher à en identifier les causes…Et puis, force de s’opposer aux lois des hommes par l’unique force de son désir…et parce qu’elle est dans un entre-deux. Lacan en a parlé, dans ses séminaires, d’Antigone. C’est un peu une égérie, au final. Parce qu’elle est porteuse  d’une éthique. Comme si elle voulait rétablir du symbolique dans une succession d’horreurs familiales, comme si elle voulait arrêter une transmission généalogique par l’acte qu’elle pose. Elle porte l’éthique, elle porte le désir. Lacan dit qu’elle  devient sujet désirant et de parole, à partir du moment où elle soutient son désir. Dans un premier temps, Antigone s’oppose à la loi de l’état.  Mais dans un deuxième temps, elle y retourne, et là, ce n’est plus subversif, elle ne le fait plus en cachette mais en plein jour, d’ensevelir le corps de son frère. Elle porte son désir aux yeux du monde, et ce, en reniant tout appui extérieur, toute aide, tout amour. Elle refuse l’amour du fils de Créon, elle refuse d’avoir des enfants, elle refuse la vie et le principe de plaisir pour porter son désir à elle. Elle se confonds d’un coup toute entière avec son éthique, il n’y a plus de séparation entre ce qu’elle pense et ce qu’elle est. Antigone, cela veut dire changer. Anti-gonos, venir à la place de. Et bien, c’est ce qu’elle fait. Refusant que son frère ère comme un mort dans le monde des vivants qui n’aurait pas eu de rituel de passage, Antigone, va être enterrée vivante. « En mourrant, mon frère, tu as pris ma vie ». Alors oui. Antigone meurt deux fois. D’une part en disant Non à Créon, en affirmant son désir inflexible, elle renonce à tout, à la vie. C’est le prix de son désir. Lacan dit, que cette seconde mort (il appelle cela un entre-deux ?), guette, ceux qui confondent tout entièrement leur loi et eux-mêmes. Parallèlement, on peut aussi s’interroger sur les relations qu’Antigone avait avec son frère, et la teneur du sacrifice d’Antigone. Dans quelle mesure l’intensité dramatique dans le théâtre de Sophocle ne vient-il pas faire état d’une passion incestueuse entre Antigone et son frère ?  Suite au prochain épisode.

 

Bibliographie :

-Antigone, de Sophocle à Holderlin. Kathrin, Rosenfield Galilée 

-Antigone, le discours tragique dans le théâtre de Sophocle, de Sophocle à Proust, de Nerval à Boulgakov, essai de psychanalyse Lacanienne.

-Bauhaus, antigone.

-Antigone Anouilh.

-Antigone contre Socrate, le problème de l'obéissance à la loi inique en philosophie morale. Thierry de vingt-hanaps.

 

 

Par Lola
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Dimanche 11 octobre 2009 7 11 /10 /Oct /2009 22:28

Samedi 10 octobre, au soir. Le théâtre de Montreuil s'enivre du Misanthrope. L'inconditionnelle que je suis, de la langue de Molière, et de l’esprit! a été éblouie de la prestation des acteur. L’atrabilaire amoureux était joué magnifiquement par une petite troupe, laquelle n'avait pas estimé nécessaire de poser un décor : le texte lui-même étant une critique de l’inauthenticité des rapports humain. Ils déclamaient donc leur texte debout sur les planches de bois constituant la scène, une ligne blanche tracée à la craie comme unique symbolisation des limites à ne pas franchir de ce que j’imaginais -à juste raison-être : un salon. Bien sur, c’en est un. Espace des civilités, des échanges amoureux par de galants vers ou alexandrins bien tournées à l’endroit de Célimène, laquelle anime les débats par l’attrait des ébats…Lieu de toutes les hypocrisies et échanges de courbettes, là où on se vante d’être des hommes de lettres et d’esprit, ambitieux d’une esthétique littéraire étouffée de sarcasmes. Ces bouches nauséabondes et hypocrites, empestantes de vanité et suintantes d’orgueil, derrière le masque des flatteries et civilités, font mourir Alceste, accablé lui-même par sa propre tyrannie de la transparence, épris de sincérité et abattu de cette infini tristesse d’avoir à contempler le décevant spectacle de la nature humaine. L’amitié achetée, les faux engagements amoureux, la séduction pour la séduction, la fausseté, l’hypocrisie, le mensonge des rapports aux hommes. Alceste veut vivre  dans un désert. Seul. Loin des hommes qu’il hait. Il propose aux honnêtes gens une toute autre éthique des rapports humains. Une qui serait basée sur la franchise. Proposition aussitôt récusée par les autres ! Alceste est victime de railleries. Il tient tant à sa droiture qu’il en est ridicule. C’est cela, qui est risible, dans la pièce. Non pas cette sorte d’héroïsme à refuser de rire, à mettre à distance les relations humaines pour plus de franchise et d’ascétisme, mais cette sorte d’idée fixe de démasquer l’imposture est tyrannique, il veut absolument et peu importe le prix à payer faire tomber le décors. D’ailleurs, dans cette mise en scène, il fini bel et bien par tomber, Célimène démasquée  et fautive enlève les chaussures rouge de la séduction. La pauvre Célimène prônant l’indépendance, le non-engagement, la féminité, se retrouve sans les attributs dont elle s’était parée. Elle fini par renoncer à l’amour d’Alceste, refusant de s’enfermer dans le désert qu’il lui propose. Les décors tombent et chacun s’en va dans la pièce passant au travers de la ligne blanche qui délimitait les contours du théâtre. Il n’y a plus de scène, les faux semblants sont tombés sous despotisme de la transparence…Nous, spectateurs, sommes ravi. Emu que cela soit déjà terminé. Des vers plein la tête, entre « la sincérité dont votre âme se pique, a quelque chose en soit de noble, et d’héroïque », et « et puisque la franchise a pour vous tant d’appâts, je vous dirais, tout franc, que cette maladie, partout où vous allez donne la comédie. Et qu’un si grand courroux contre les mœurs du temps, vous tourne en ridicule auprès de tout les gens…" Amusant, comme la ressemblance avec certaines personnes est absolument frappante!!

Biblio
- Mélancolie et misanthropie, G. Zaragoza, édition Murmure

-Le misanthrope, l'atrabilaire amoureux, Molière

A lire: la monomanie dans la poesie ou dans le comique. (Je ne sais plus ni le titre ni l'auteur...Juste feuilleté quelques minutes!). Mais le thème m'interresse! 

 

Par Lola - Publié dans : Texte
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Jeudi 8 octobre 2009 4 08 /10 /Oct /2009 10:57

 

J'écris de Beaubourg. La bibliothèque.  Elle est fabuleuse. Je ne suis pas la seule à le penser:  une heure d'attente pour y rentrer, aux heures de pointes. Je n'ai pas ce privilège. J'arrive bien trop tôt, et j'y passe mes journées. Les livres ici ne sont pas empruntables, il faut les lire sur place, j’en trouve plein de psychanalyse très intéressant. A chaque fois, j'en sors une dizaine, même si réellement je ne dois en lire que deux ou trois, je rage de ne lire pas assez vite, et de manquer de temps. Je fiche mes livres. J'écris, j'apprends. Je suis heureuse, ici. Puis je rencontre des gens interressants. Me cherchez pas tout le weekend dans Paris, je suis à Beaubourg tout les samedis et dimanches, jusqu’à 21h. Tout cela ne me laisse pas trop le temps de m’amuser. Ca me manque un peu. Je ne trouve plus un instant pour moi, même prendre le temps d'une bonne douche apaisante c'est la lutte contre le Dieu Chronos.
 

Déjà quelques longues semaines passées ici, j’ai l’impression d’être surbookée. En arrivant, je critiquais ces personnes, dans le métro, qui tirent la tronche en rentrant du boulot, et puis…Je m’aperçois, que petit à petit, je me métamorphose, pas spécialement en quelqu’un que je voudrais être, mais au final, je suis, comme les autres, fatiguée en rentrant du travail, épuisée par cette formation, des transports en commun, de la cohue dans le métro, du temps perdu à courir et puis j’ai remarqué que le sourire s’efface dès que je sors de la salle de cours. J’arrive chez moi, il faut encore que je travaille. Si encore c'étaient des matières passionnantes, de la psychologie, de l'éthique. Non. Je retourne en chimie et biologie, à l'apprentissage par coeur. Heureusement que mon weekend me sert à apprendre autre chose. Je crois que je n’ai même pas dix minutes pour me reposer, j’ai toujours quelque chose à faire. Remarque, de quoi me plains-je puisque c’est ce que j’aime.

Il faut dire que cette école est réputée pour avoir 100 pour 100 de réussite chaque année, et que  pour arriver à ce résultat, il en faut, des heures et des heures d’apprentissages en cours pratique, et autant de cours théoriques. Formation en esthétique qui aurait du normalement se dérouler sur deux ans, et qui, au final, est concentrée sur un an. C’est le lot des formations pour adulte. Nous sommes entre filles, 28 exactement. Enfin, nous étions 28 jusqu’à la fin de la semaine dernière, la formation étant très dure, il y a déjà eu deux désistements. La plus âgée à 48 ans, la plus jeune 23. J’ai cet avantage de n’avoir pas encore d’enfants à charge, certaines dans ma promo sont maman, je ne sais pas comment elles se débrouillent pour accumuler les deux. J’ai déjà mon petit groupe de copines constitué, on me réserve la place du milieu sur les bancs de l’école. J’ai l’impression de retourner aux années lycées, franchement, on se marre. J’ai souvent des fous rire. Sans doute aussi parce que c’est tellement usant comme formation qu’on a souvent  les nerfs qui lâchent. Hier, j’ai du sortir de la salle de classe, je n’arrivais plus à m’arrêter de rire, je pleurais, j’avais du rimmel partout. Nous sommes très proches les unes des autres, sans doute parce qu’il y a une proximité entre nous du fait qu’on ait un contact très souvent, on est en petite tenue pendant tout les cours de pratique, forcément, d’une manière ou d’une autre, ça rapproche ! Les profs sont très exigeants, tant au niveau de la tenue vestimentaire que de la ponctualité, et surtout des règles d’hygiènes. C’est primordial, nous sommes amenées à nous laver les mains avant chaque cours, puis à nous les désinfecter ainsi que le matériel. Les instruments ne sont pas tous évidents à manipuler, on utilise de la cire fondue à 70 degrés dans un appareil à recycler la cire (c’est un peu dégueu parce qu’une fois l’épilation terminée, on remet la cire dans l’appareil), nous avons d’infini précautions à prendre pour ne pas brûler les modèles. Déjà que l’épilation à la cire chaude, je n’ai jamais eu autant mal de ma vie, un tatouage c’est du gâteau, à mon avis, à côté de ce que subissent les filles. Les cours de pratique sont vraiment denses, en deux semaines nous avons déjà appris les soins des ongles, les épilations et les soins du visage. Hier on a appris des modelages (massages) visage, ma modèle  a trouvé que c'était le "summum du summum"… Nous sommes dans des salles minuscules et entassées les unes sur les autres, il faut imaginer une classe plus petite que la moyenne, et 28 nanas en train de faire des épilation sur les tables de cours (avec une serviette comme support), c’est quand même un petit peu précaire comme disposition…Mais bon, du coup, on s’entend presque toutes très bien. Evidement, comme dans toutes les classes, il y a le lot de boucs émissaires, mais bon, c’est comme ça, je crois qu’il en faut toujours un, sans doute une loi de la nature ! En réalité, les esthéticiennes ne sont pas toutes jolies. Elles ne sont pas toutes intelligentes non plus. Une d'elle m'a pris en exemple. Elle dit qu'elle aime ma tête, comment je m'habille, comment je parle. Quand elle m'a demandé mon parfum, la dernière fois, soulignant qu'elle ira s'acheter le même...je me suis demandée jusqu'où irait son identification...La pauvre a l'air d'avoir une vie tellement compliquée. C'est une algérienne, son père est décédée et les hommes de sa famille lui interdisent de toucher l'héritage. Cest ce qu'elle m'a raconté quand je lui ais demandé qui lui a fait les hématomes qu'elle a sur le corps. 
 

 Pendant certains cours, je m’ennuie. Souvent, à vrai dire. Ca ne va jamais assez, vite, j’ai toujours l’impression qu’il y a du temps perdu, que certains profs sont je-m’en-foutiste, certains arrivent avec des polycopiés et nous font de la lecture. Tandis que les élèves recopient. J’ai perdu cette habitude de la dictée, je m’étais mise au prises de notes depuis belle lurette…Je déteste les gens qui font mal leur travail. Cette prof dont je parle ne sait jamais où on en est dans le programme, dois sortir parce qu’elle a oublié ses photocopies et qu’elle doit en refaire, passe son temps à faire des digressions en nous parlant de la Sncf et d’autres conneries dont on se fout éperdument. On perd du temps et on est en retard sur le programme… Le pire c’est qu’elle ose nous sortir en cours des tissus de stéréotypes comme on en trouve un peu partout, sous couvert de nous parler « d’éducation familiale ». Ca commence par un : « ne fumez pas, sinon vos enfants fumeront », continue par un « tout les enfants de divorcés finissent par divorcer » et ça fini par un « de toute manière, tout les enfants battus frappent leurs enfants ». Moi, je bouillonne, je ne tiens plus sur ma chaise et je fini par demander  si on a pas un programme à faire, plutôt que de parler de ça. Effectivement, j’allais pas lui parler de déterminismes autres que familiaux, ni de la résilience, ni du fait que y’a des enfants qui ont quand même assez de jugeotte pour justement ne pas reproduire les schémas familiaux ou sortir de ces stéréotypes stupides dans lesquels on les embrigade. La plupart des filles se retrouvent dans ces stéréotypes moralisateurs, ce qui engendre des contre-vérités. Une des filles me disait: " mince, mon père est mort, j'espère que mon mari ne va pas mourir". J'ai l'impression de trimer à rétablir un peu de bon sens dans la tête des copines...

 Enfin, voilà, parfois, je m’énerve. Mais bon, ça fait circuler le sang. 
 

Puis, la plupart des cours sont des banalités  parce que je connais le contenu ou des stéréotypes parce que le contenu est trop  général ou trop simplifié, pour moi. C’est du vu et revu. La biologie et la chimie, j’en sais quelque chose, pour avoir fait des années de neuroscience, et de cognitivisme pendant mes années de psychologie. Les filles, ne savent pour la plupart même pas ce qu’est un atome. Ne comprenant pas qu’une bouteille qu’elle voient vide soit pleine d’atomes. Je passe mon temps à donner des cours de rattrapage pour expliquer que la « matière », en Chimie, cela peut être aussi du  vide, parce qu’elle peut être solide, liquide ou gazeuse. Quand nous parlons de structure moléculaire, la moitié de la classe se mets à brailler que les cours sont trop dur et que c’est incompréhensible. Moi, je dois être plus diplômée que le prof, de ce côté-là, je suis rodée. Puis comme je suis dans cette démarche d’apprentissage constante, je m’intéresse à presque tout, je me sens un peu seule quand mes collègues, charmantes au demeurant, critiquent l’apprentissage des cours de biochimie en esthétique. Cela ne les intéresse pas. Moi, ce sont les cours sur l’hygiène des locaux qui me barbent. Par contre, législation, cosmétologie, et vente, j’y trouve mon compte, avec ceux de pratique, bien sur.


Oui. Le niveau culturel est très bas. Hier, la prof demandait qui avait vu le parfum, nous étions deux à lever la main. Quand elle a demandé qui l'avait lu, j'étais la seule. Nous étions deux aussi à avoir été au cinéma voir Coco avant Channel.  

 

Y’a d’autres profs avec lesquels j’ai un peu de mal. Parce que l’esthétique est un métier qui mise tout sur l’apparat. Quand je dis tout, c’est tout. J’ai une prof qui est le sosie de Barbie, depuis que je l’ai appelée comme ça, c’est devenue son surnom. Elle doit dépenser sa paye dans des produits cosmétique, et à mon avis doit dormir tout les soirs enroulée dans une couverture de chez Channel devant le magasin Séphora en attendant l’ouverture. Cette prof, on ne sait plus réellement si c’est son vrai nez, ses vrais cheveux, sa vraie couleur des yeux, et sa vraie attitude, tout est calculé, elle se donne un air niaise on ne sait pas trop pourquoi…? Bref, en plus on n’ose pas trop creuser en dessous de l’apparence de peur de rien y trouver derrière, c’est un peu désespérant de voir à quel point le physique a sauvé certaines du néant intellectuel dans lequel elles se trouvaient. Remarque, elle n’est pas moche. Mais dans son genre, elle fait un peu penser à la sœur de Frankenstein.

 

 

Le soir, je rentre crevée. Mais quand je dis crevée ce n’est pas moins qu’un vieux pneu. Mon colloque du moment est un italien, qui a invité sa famille et sa petite amie pendant deux semaines, (enfin, ce sont deux  semaines qui durent au moins un mois d’après ce que je vois…) Du coup, nous sommes beaucoup dans l’appart pour l’instant, mais moi, j’aime, et puis les italiens sont vraiment agréables à vivre, nous avons goûté des petits plats de leur composition, ça fait voyager ! Le tout à base de pâtes, parfois, j’ai l’impression qu’ils mélangent un peu plein d’ingrédients à l’aveugle, puis ça donne quelque chose de bon, au final, mais un peu bizarre. La maman nous a fait un tiramissu. J'en avais jamais mangé d'aussi bon. On parle de Florence, de Venise, et puis du sacré-cœur, le tout avec les mains, et un traducteur…je m’entends bien avec eux, même s’ils ne parlent pas un mot de Français. Le mois prochain, normalement ils s’en vont, un autre colocataire doit arriver, celui qui doit arriver, je le sens mal, ça m’a tout l’air d’être un fétard. Vu l’année de taf que je vais avoir, je me demande si c’est une bonne idée…Il ne travaille pas, je pense que je préférerais un étudiant ou quelqu’un qui bosse histoire d’avoir les mêmes horaires…Cette année, j’imagine que je ne vais pas la passer à danser jusqu’au bout de la nuit. Cette semaine, nous faisons visiter l'appartement. Ce soir, c'est un étudiant en phisosophie que nous avons sélectionné. Je ne prends rien en dessous de master. (Rire).
 

J’ai l’impression d’être une anthropologue au milieu des bimbos, ou une journaliste qui fait un article sur l’esthétique. L’idéal, serait quand même d’ouvrir une clinique plus tard, où y mêler les deux esthétique et psychologie: "bien dans sa tête, bien dans son corps". Ca pourrait être bien comme concept ! J’attends que l’idée mûrisse. J’assiste toutjours aux conférences des réputés psychanalystes qui m’ont fait venir sur Paris, Miller, Sibony et Nasio. Mes semaines sont chargées, plus que chargées, alors que ce n’est que le début de l’année et tous les séminaires de psychanalyse ne sont pas encore mis en place…Je n’ai jamais assez de  temps. La vie est trop courte pour faire tout ce que je voudrais faire, ça va trop vite!

En plus, y'a les heures de sports obligatoire pour être bien dans son corps: cours de Rock’n Roll le mardi soir, et deux heures de natation le jeudi et le samedi!  Tout va bien, en résumé.  

Par Lola
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Jeudi 8 octobre 2009 4 08 /10 /Oct /2009 10:55

Merci de l'interêt que vous avez porté à ce débat épistémologique, même si je dois dire que j'ai trouvé certains assommants "d'arguments-baillonettes" et repoussants de redondance, le disque rayé étant dépourvu d'interêt autant que d'arguments. D'autres m'ont vraiment passionnés par l'apport qu'ils ont fournis aux questionnements que je soulèvevais à savoir sur le principe de Falsifiabilité de Popper. Je répondrais brièvement, qu'en effet, il m'est bien égal de savoir si la psychanalyse est une science ou non. Je crois qu'elle dépasse bien largement ce débat, puisque la scientificité, est-elle même me semble être de l'ordre de la croyance, ainsi que tout ce qui peut constituer les relations qu'entretiennent scientificité et leurre de vérité, ainsi que méthodes scientifiques et objectivité, qui auraient pour but de viser, approximativement ou non, une "vérité". Alors, qu'est ce qu'une science? Elle est le résultat des questionnements et des angoisses caractéristiques de l'homme devant l'univers qu'il souhaitait comprendre. Elle existe depuis l'invention de l'écriture, sans laquelle elle n'aurait pu naître. On connait par avance ses critères: procéder par induction des faits, obtenir des observations reproductibles, et bien sur, l'inouie falsifiabilité évoquée dans mon post précédent relatant qu'il est plus facile de dénoncer une erreur que de rechercher la vérité. C'est-à-dire qu'une loi prend naissance suite à une hypothèse, vérifiée par l'expérience, reproduisible, laquelle devient une théorie, qui, ne faisant plus aucun doute devient elle-même une loi. Loi qui peut ensuite subir les aléas et remises en cause, des avancées théorique ou tout simplement du temps. Après cette connaissance relative des critères de la science, on s'apperçoit au final qu'il n'existe pas vraiment une science ou une entité scientifique, mais DES sciences, qui ont toutes plusieurs critères de scientificité et méthodes différentes...De raisonnements déductivo-logiques, aux raisonnements inductivistes, des pragmaticiens, aux réalistes scientifique, les écoles sont nombreuses, et d'aucune prête à nous offrir un concensus absolu sur la méthode scientifico-scientiste absolue garantissant la netteté et la vérité d'un résultat, basé sur une hypothèse de départ le plus souvent invérifiable (par exemple, le big bang, ou l'atome!). D'où le questionnement, sur la scientificité vacillante des sciences-humaines, le cheval de bataille le plus facile à monter, de la psychologie, des sciences sociales, de l'histoire...Dont, même si elles ne constituent pas des doctrines, semblent tout de même connaitre des moments d'incertitudes, et de relativité plus que fréquent. Mais finalement, si on suit la logique, on aurait presque envie de retourner le fameux compliment aux sciences plus dures, celle dont on croirait presque à l'écoute de ceux qui emploient le mot science comme s'il voulait dire "vérité", qu'elles s'approchent irréprochablement d'une objectivité scientifique. Ces fabuleuses sciences dont on croit qu'elles ont plus de chance d'être plus vraies que les autres...Alors que, comme toutes, elles vivent une instabilité permanente...Demandez donc à n'importe quel scientifique, philosophe des sciences, épistémologue, ce qu'il pense de l'interaction entre la science et la vérité? Demandez-leur, si l'approche d'une objectivité si approximative soit-elle, ne constitue pas, en soi, une croyance ? Tout ce qui constitue une validation dite scientifique, avec toute la modestie et les précautions que cela devrait impliquer (ce que je ne lis jamais chez les défenseurs du "scientisme" [pardonnez l'expression!] et du rationnalisme qui utilisent le mot science comme un bouclier pour ne pas comprendre qu'il puisse exister autre chose! Autre chose de véritablement opérant sans être scientifique au sens où vous l'entendez!)...J'aimerais vous dire, que ce n'est pas la production de théories vraies et objectives, la science, mais la description de phénomènes et la création d'instruments efficaces de calcul et de tentatives de prédictions- entre autres. C'est, en somme, de la description empiriquement adéquate (correcte, observable, réitérable). Alors, dire de "ce n'est pas une science", cela ne veut strictement rien dire, puisque ce qui se revendique d'être scientifique, par la méthode, ne peux pas non plus avoir la prétention de détenir la vérité, qui de toute manière serait toute relative, parque forcément inachevée. Le pas le plus grand serait de faire entendre que le mot science n'est pas ce qui vient garantir la validité ou non d'une théorie. Celle de la psychanalyse ou non. Parfois, on tatonne. Et tout est basé sur des hypothèses qui deviendront ou pas des théories. Utiliser les mots sciences comme garanti de ce qui est vrai, ou bien même employer "objectivité", ne vient constituer qu'un leurre. Il y a tout au moins, une "validation intersubjective", qui ne constitue pas une objectivité, c'est bien le maximum que l'on puisse dire. Une trouvaille, ne reste toujours ni plus ni moins qu'une trouvaille à un temps défini...jugée sur le degré de croyances ou de certitudes des chercheurs. Parce que le débat doit rester ouvert, j'attend vos contres-arguments patiemment.


Bibliographie:

Science et non science, et fausse science, de Henri Géry Hers
Socrate contre antigone, le problème de l'obéissance a la loi inique en philosophie morale
La vérité dans les sciences jean pierre changeux
Psycho-anneries 70 idées reçues sur la psychiatrie.
Fabrice clément, les mécanismes de la crédulité.
Les impostures intellectuelles Sokal

Par Lola - Publié dans : Texte
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Jeudi 8 octobre 2009 4 08 /10 /Oct /2009 10:47

Sur tout les points qui viendraient tenter de discréditer la psychanalyse, il y a de quoi faire une thèse. Je vais m'attacher pour le moment à ce point précis qu'est le critère de démarcation scientifique Poppérien: la falsifiabilité. Pour faire gage d'honnêteté intellectuelle, et ne pas faire preuve d'un raisonnement qui serait adialectique, je souhaiterais spécifier qu'il existe bien sur des points précis sur lesquels la critique épistémique de la théorie Freudienne trouve des fondements véritables, (ce n'est pas le sujet de cet argumentaire), le développement de ce jour viendra juste montrer que ce n'est pas le cas de la critique Poppérienne. Je m'appuie d'une thèse de Grünbaum, venant apporter un éclairage et une critique de la théorie psychanalytique.

 

Souvent, le nom de Popper est agité comme un étendard sur lequel il y aurait écrit "falsifiabilité = scientificité", suivi logiquement de "psychanalyse infalsifiable = psychanalyse non scientifique". Enoncé en apparence logique qui viendrait porter une estocade fatale et incontestable à la psychanalyse, l'éjectant sans autre forme de procès hors du panthéon des sciences empiriques. Pas si vite...Parce que tout compte fait, il est plutôt facile de créer une valeur absolue de démarcation entre "ce qui est scientifique et ce qui ne l'est pas", l'illustrant par un soi-disant hermétisme de la psychanalyse -ce qui aurait pour dérivatif immédiat (et stupide) de la mettre directement au rencard, parce qu'outrageusement, elle ne répondrait pas à ces dits critères de scientificité. Pour le dire autrement, Popper dit " La science c'est ce qui répond à mon critère. La falsifiabilité est le critère de démarcation de la scientificité, et le reste n'est pas scientifique", l'analogie avec cet adage de Binet est incontestable: "l'intelligence, c'est ce que mesure mon test" = "la science, c'est ce qui répond à mon critère". On peut aisément saisir le lot de simplifications qui en découle. D'ailleurs, c'était bien ce que cherchait à faire Popper, chercher un critère de démarcation plus sévère que celui de l'inductivisme [auquel répondait positivement la psychanalyse], il l'a trouvé, et lui a donné le nom de falsifiabilité.

 

Il faut savoir, que la théorie psychanalytique n'était qu'une illustration (toute relative!) de sa théorie. Popper n'avait au départ aucune volonté d'aller à l'encontre de la psychanalyse. Ce qu'il visait à proprement parler était juste l'inductivisme, et pas autre chose. Alors bien sur, face à cela, un peu d'épistémologie ne porte grief à personne, c'est d'ailleurs une évidence qu'elle soit le plus amène de recadrer le contexte des recherches et des assertions de Popper, pour nous les éclairer. Dans ce contexte épistémologique la thèse fondamentale de Popper, ne vient pas discréditer la psychanalyse, -qu'il prend simplement comme pièce principale l'illustrant-, (illustration qui, vous allez le voir ne colle finalement pas à sa thèse! [Mauvais exemple qui est alors à même de venir discréditer la thèse de Popper elle même!] - mais il vient s'ériger contre l'inductivisme. Le problème logique de l'induction s'insère dans la perspective épistémologique suivante, celle de l'évolution des sciences et son idéal: justification rigoureuse des énoncés, remise en cause des hypothèses, et recherche de la vérité par la rectification des erreurs. En effet, le problème de l'inductivisme repose sur ces questions: à quelles conditions et à partir de quel moment, un énoncé peut-il avoir le rôle d'une hypothèse scientifique, ou s'il est confirmé, d'une loi? Existe-il un lien logique entre l'observation des propriétés de N individus, et l'affirmation que tous les individus de cette classe ont telle propriété? On pourrait dire qu'il existe une universalité logique mais peut-on dire qu'il y ait une universalité empirique? En tout cas, Popper intervient là: si tout cas positif venait à valider la vraisemblance d'une loi, cela ne produirait qu'une probabilité de plus pour que cette loi soit véritablement générale. A l'inverse, un seul cas négatif vient radicalement anéantir cette susdite loi par sa non vérification. En fait, une loi, ce n'est qu'une probabilité statistique ou une hypothèse en attente de vérifications. Ce qui est reproché aux inductivistes, c'est qu'en l'absence d'observations invalidantes négatives il est accordé tout de même une crédibilité scientifique à une hypothèse.

 

 

Le postulat de départ de Popper est celui-ci: Si la psychanalyse correspond parfaitement à la méthode empirique inductive de validation des théories, par contre elle ne satisfait pas au critère de scientificité qui est la falsifiabilité. Il a donc trouvé un critère plus fiable que ceux revendiqués par les tenants de l'inductivisme. Contrairement à ce qui est généralement dit de Popper, employé comme bouclier contre la psychanalyse, celui-ci ne vient pas dire que la psychanalyse n'est pas vérifiable: il sait que la théorie Freudienne est empiriquement testable. Parce que selon cette méthode, puisque ce sont des confirmations qui sont recherchées, il n'est vraiment pas difficile de les trouver. Il ne récuse donc pas les confirmations à la théorie psychanalytique Freudienne, ce dont il récuse, c'est qu'elles soient garanties par l'inductivisme. Pourquoi? Parce que, selon lui, l'inductivisme est impuissant à invalider ces justifications. C'est pour cette raison, qu'il tente de mettre au point un critère de démarcation plus rigoureux que l'inductivisme: la falsifiabilité. Il va rechercher en quoi le marxisme et la psychanalyse, (deux des illustrations de sa thèse), ne sont pas égaux aux théories de Newton et de la relativité. Popper fait alors un rejet épistémique de la théorie psychanalytique. Elle devient sa principale illustration du critère de falsifiabilité et de démarcation. Pour lui, le critère inductiviste de démarcation est "inacceptablement permissif et sa solution de rechange falsificationiste beaucoup plus rigoureuse".

Nous pouvons voir que pourtant, l'illustration qu'il prend de la psychanalyse ne suffit pas à venir valider sa théorie.

 

 

En effet, la théorie Freudienne est bien empiriquement testable et falsifiable. Tout les courants pro et anti-psychanalyse ont été d'accord pour admettre qu'en partie, le corpus Freudien est bien testable par des résultats empiriques. C'est-à-dire qu'ils admettent tous la valeur probante des données cliniques pour l'évaluation empirique de la théorie psychanalytique.

Les observations sont effectivement réalisables dans le cadre spécifique de la cure analytique. Autrement dit, une testabilité de la théorie psychanalytique est recevable empiriquement: une répétition par l'acte des expériences, si et seulement si elles se déroulent dans le cadre analytique, celui de la cure.

 

Réfutabilité qui est d'autant plus nette à l'étude du corpus Freudien. Au fil des nombreuses remises en questions théoriques de Freud, quelques exemples suffisent à démontrer que les détracteurs de la psychanalyse devraient s'atteler à connaître de manière plus approfondie les théories freudiennes pour vérifier qu'elles répondent toutes sans exception au critère de falsifiabilité énoncé par Popper. Par exemple, Freud par l'observation, a réfuté lui même la théorie sur laquelle il basait l'étiologie des névroses hystériques par un acte de séduction infantile. Ce sont des données défavorables qu'il a observé qui lui ont permis de réfuter lui même sa propre théorie, pour en construire une autre: celle du fantasme. Il suffit également de lire un peu plus attentivement Freud pour y attraper quelques phrases insoupçonnées par les tenants des théoriciens de la falsification " ma théorie sera réfutée si et seulement si..." Comment alors nier que les théories Freudienne ne correspondent pas aux critères de falsification, à la lecture de ce qui vient démontrer qu'une possibilité de falsification est possible?  Les exemples ne manquent pas. Freud revendiquait dans ses lettres à Fliess, son "hospitalité intellectuelle" à toute critique et objections. Ce à quoi Popper y oppose son opacité, s'acharnant à vouloir démontrer avec une mauvaise foi perceptible, que Freud lui même refuse la falsifiabilité de sa propre théorie! Et ce, à l'encontre de toute raison, c'était écrit noir sur blanc, il suffisait de lire: Freud demandait très régulièrement et explicitement à tout ses critiques, de lui fournir des cas qui invalideraient ses théories, s'engageant lui même à accepter ces falsifications. Ce n'est donc absolument pas le critère Poppérien de falsifiabilité qui peut mettre en défaut la théorie Freudienne. On peut même dire que celui-ci est largement insuffisant à reléguer la théorie psychanalytique au rang de non science.

 

En partant de Freud et en généralisant, il est clair que la psychanalyse est inscrite dans ce mouvement de réfutabilité, comme peut le démontrer le divergences théoriques entre les écoles, et ce, parce que la psychanalyse est en constante évolution, recherche, et surtout faite de remises en questions permanentes. Ce n'est pas un dogme théorique qui fait consensus, mais un corpus théorique en perpétuel mouvement. Plusieurs exemples dans la littérature Freudienne viennent illustrer la réfutabilité de la psychanalyse. La condition nécessaire de cette réfutabilité est simplement d'avoir assez de connaissances du corpus théorique pour pouvoir la réfuter. Quand Freud érige une théorie psychanalytique de la paranoïa, pour donner un exemple encore plus concret,il écrit: "la condition nécessaire pour que quelqu'un soit affecté de délire paranoïde, c'est qu'il y ait un refoulement massif d'un amour homosexuel". En langage mathématique cela donne: "P est la condition nécessaire de N". Cette assertion est réfutable. Il suffirait par exemple que le persécuteur soit d'un autre sexe que le persécuté, dans ce cas le critère de l'homosexualité ne serait plus observé, "P n'est plus la condition nécessaire de N. La proposition est rejeté, et donc l'hypothèse théorique de Freud réfutable.

 

 

Pourtant, cette testabilité réelle est purement et simplement niée par Popper. Il rejette la possibilité logique de tester empiriquement la théorie psychanalytique, en disant, d’une part que la théorie psychanalytique est non testable, d'autre part qu'elle est irréfutable et que rien ne peut venir la contredire. Il a tout faux en soutenant que le point de démarcation entre science et non science est ce critère de falsifiabilité, qui exclurait alors la psychanalyse des sciences empiriques. La psychanalyse n'est définitivement pas l'illustration qui vient valider sa théorie stigmatisant l'inductivisme comme méthode de validation scientifique d'une théorie. Inductivisme, qui, selon lui, n'aurait pas les ressources nécessaire pour mettre en cause les titres de créance scientifiques de la psychanalyse, ce qui la rendrait au sens Poppérien: irréfutable et donc, non scientifique. C'est faux. En réalité, c'est le critère falsificationniste de Popper qui est trop faible pour exclure la théorie psychanalytique de Freud du rang des sciences. La psychanalyse se dégage alors de la place illustrative de la conceptualisation Poppérienne. Elle n'illustre rien du tout, parce que le corpus théorique Freudien est réellement falsifiable, pour la simple, unique et bonne raison qu'il est saturé d'hypothèses causales. Il y a donc des exceptions aux lois générales, des invalidations négatives et pas seulement des exemples positifs venant confirmer une théorie.

 

Qu'en déduire? Si Popper à tort sur la théorie Freudienne, la théorie de Popper ne serait-elle pas à remettre en cause?

 

Si pour Popper aucune des conséquences aux postulats de Freud n'est empiriquement testable, cela vient soutenir la thèse d'infalsifiabilité. Or après tout ce développement théorique, cela ne peut prouver qu'une seule chose, c'est "l'incapacité des philosophes des sciences à fournir des raisons de soupçonner la non testabilité". Autrement dit, cela vient d'écarter toute hypothèse sur l'infalsifiabilité Poppérienne. Cette incapacité est liée à un examen largement insuffisant du contenu de la théorie Freudienne, beaucoup plus qu'une défaillance scientifique supposée de la psychanalyse. S'il fût décidé à un moment que la théorie psychanalytique était infalsifiable, c'était finalement et tout simplement parce que les détracteurs n'ont pas les connaissances nécessaires pour être en mesure de la tester. 

Par Lola - Publié dans : Texte
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Samedi 29 août 2009 6 29 /08 /Août /2009 10:38
   

Parfois, le matin, certains prient. Moi j’ouvre les yeux et encore dans un semi sommeil, j’espère qu’il y a du soleil, ou j’espère que je vais avoir un fou rire dans la journée, ou ne pas croiser sur mon chemin, ces casseurs de rêves et de magie, détenteur du monopole de la violence rationaliste ou encore d’une saloperie de vérité prête à bondir pour te casser le moral, et qu’ils croient bien évidemment, détenir à eux tout seul (les cons !) et avec raison (les re-cons).

Vous savez, y’a ceux qui détiennent une vérité accrochée comme une cloche au cou de leur certitude, parfois, cela me prend comme une envie de faire l’amour, de brouter avec eux. Ils me font fantasmer. Quand je dis fantasmer, ce n’est pas un fantasme tout petit, minuscule à deux copecks trois sous, (Quoi ? M’accuser d’un pareil ridicule ?) C’est carrément le grand huit ! Puis tous, hein ! Les savants, les chercheurs, les hommes remplis de savoir (quand je dis rempli, c’est quand même jaugé, environ aux 2/3 pour laisser une place à moi-même)…Mais il faut quand même au moins, qu’ils aient une réponse à me donner si je leur demande l’emploi du temps de Rimbaud le 10 Août 1873 au matin : bon, Bien sur ! C’est le minimum syndical. Ensuite je suis prise de rêveries oniriques, j’imagine faire l’amour dans un amphithéâtre servant de bibliothèque, parmi les livres, en ayant peur d’être surprise, avec un professeur agrégé de Lettre moderne, qui n’est jamais descendu de son nuage tellement il est loin des réalités du XXIème siècle, mais qui ressemble à un apollon grec et qui est d’une divine galanterie…Enfin…La Sorbonne, vous comprendrez synthétiquement : vraiment, quel pied ! Bon, vous concevrez également, qu’à une juste échelle, le récit puisse être ni fictif ni réel, d’ailleurs il ne vous viendrait même pas à l’esprit de venir critiquer les anachronismes dans un récit de science fiction, alors : laissons donc ma Sorbonne ou elle est.

Vous savez, j’aime le savoir parce qu’il me manque, il y a des chances que je courre toujours après comme derrière un furet inattrapable ! mais il n’y a pas que le savoir. Il y a aussi le non savoir…C’est tout contenu dans le fait de considérer que parfois ce qu’on raconte n’a pas forcément une valeur objective de vérité. Il suffit d’entendre et de feindre tout les deux d’en être dupe, que certaines des réalités sont subjectives, que parfois on se ment à soi-même, sans forcément y croire mais un peu quand même!

Ah ! Cher contradicteur, (J’adore qu’on me contrarie, surtout avec délicatesse !) vous avez su argumenter contre la fichu naïveté qui m’a servi d’appât. (Je sais pas si vous avez remarqué, cela…En tant que femme, plus vous avez l’air crétine, la jolie idiote qui s’ignore, qui se promène avec sa lime à ongle, et plus vous attirez les hommes. Il suffit que vous commenciez à parler politique avec conviction, ou d’être boulimique de savoir et le montrer et y’a plus personne.) Moi, j’aime les contradicteurs. Je leur voue une estime entière et authentique.

Pourtant, parfois, j’ai envie de dire : « Aujourd’hui, Monsieur, s’il te plait, laisse moi rêver ». Laisse moi dessiner mon rêve, laisse moi écrire mes histoires sans me dire que ce que je raconte n’est pas « la vrai de vrai de réalité », sans me dire que ce sont des inventions, des poncifs, des mysticismes tout droit importés de mon imaginaire au mieux, de l’inconscient collectif au pire…(Oui, parce qu’on se sent toujours tout seul et drôlement con, de s’apercevoir que ce qu’on pense, tout le monde entier le pense et qu’en plus, tout le monde se trompe.)

Alors si un jour ça me prends, comme ça, et que je dis : « eh ! Dis, Dessine moi un mouton ». Si vous me dessinez un mouton, (au lieu de me répondre, presque maladroitement, sans emphase, en en rajoutant (en plus !) avec une quasi fausse délicatesse [masquant la culpabilité qui vous assaille de me le faire savoir] « ton mouton, il n’existe pas !!!»], je vous épouse. Mais juste si vous me le dessinez. Au moins, vous n’avez pas marché sur mon château de sable tout en me disant : « Je ne veux pas te blesser mais, c’est pour ton bien : C’était pas un palace, ton château : c’était un pâté de sable »…

J'imagine une sorte de rire sarcastique de sale gosse désillusionné d’avoir cru au père Noël (ou à la Sorbonne), et qui dis : « Eh, moi je sais ! Ce que vous ne savez pas, et je vais vous le dire ! »…Se délivrant alors de son propre mal en clamant sa nouvelle vérité...D'abors, je vous remercierais, de votre délicatesse, à tenter de me faire voir un monde autrement, si celui que vous me proposez est plus beau que le mien, puis je vous dirais sur le même ton courtois que celui que vous avez employé : « je ne crois pas qu’il y ait beaucoup de gens qui sont dupes des histoires qu’ils se racontent eux même ». L’important c’est surtout la fonction cathartique que prends un texte au moment où il est écrit, ou comment les émotions réelles peuvent être partagées dans le scribe d’une histoire absolument fictive. Je dirais, que le récit ne se réduit pas à l’univers de sa signification, mais qu’il y a derrière les hésitations, les ratures, ce qui est lié, délié, corrigé, effacé, redis, jeté, acéré, gribouillé, réécrit, il y a, en point de suspensions le regard de l’autre. Celui qui lit (comme tout Autre !) est potentiellement juge. Et bien sur, je préféra au jugement une neutralité. Celle d'un lecteur, qui malgré son esprit de contradiction sur la vérité des faits, a envie d’attraper cette toute petite bulle incontrôlée qui s’échappe du récit, et qui appartient en propre à l’auteur impudique. Elle vient parler de lui, en filigrane de ses écrits qu'ils soient vrai ou non. C’est là que vous pouvez choper l’authenticité.

Par Lola - Publié dans : Texte
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Samedi 29 août 2009 6 29 /08 /Août /2009 10:22

Je vous remet ici l'histoire de ma Cosette et de Superman...

Cosette était un poisson rouge, admirable, pas très intelligente mais avenante...Elle venait me dire bonjour comme l'allumeur de réverbère du Petit prince. "Bonjour"...Puis trois seconde après "bonjour". Sa capacité mnésique de trois secondes lui octroyait une politesse excessive. Bien sur il fallait réitérer les cordiales présentations, qu'imposent les convenances morales, au risque qu'elle se demande qui je suis à chaque fois qu'elle me voit. C'est fatiguant d'avoir un poisson.

Superman était le poisson rouge de l'homme avec qui je vivais à l'époque. Je vous présente dans la foulée Jérémie.
Un matin, celui-ci se lève et la tête encore ensommeillée d'une bruine de rêves tout roses, en allant préparer le café, il s'approche de l'aquarium et me dit, l'air paniqué: "Superman a disparu"...
"Oui il m'a dit qu'il partait faire un tour."... ais-je soufflé, moqueuse.
Mais évidement, ma réponse ne suffisait pas.

Jérémie s'approche de l'aquarium pour vérifier si Superman n'a pas laissé un mot d'adieu ou quelque chose qui aurait montré un peu d'interet pour son propriétaire, un acte manqué, comme une valise oubliée...ou un papier sur lequel serait griffoné: "Adieu, je pars parcourir le vaste monde comme Captain Némo, Orca, Flipper, merci pour tout"...Et en s'approchant, il sent sous son pied, nu ....Il sent ...Et puis là, j'entends un cri gluant désespéré...Le genre de cri gluant qui part du pied pour arriver aux cordes vocales...

Bien pire qu'un cri de fille dans un film d'horreur, une voix incisive mélée à une sorte de stupeur dans le ton mélodramatique: "Nooon pas ça", avec une note d'espoir pendant un quart de secondes..."Peut-être que?" Mais en vain.

Pendant ce temps là, moi je plisse les yeux, je ne bouge plus et j'attends que ça passe.
-"Euh, il respire encore, ton poisson?" Bon, c'est une blague, je sais que les poissons ça respire pas.
-Mais, il savait pas voler ton superman?
J'ai dit tout ça dans ma tête. C'est toujours pendant les instants les plus tragique que j'ai une crise de rire.

Puis a suivi le mur des lamentations. Le désespoir. La culpabilité. Les larmes. Un véritable chantier après une guerre.

Le plus inavouable, c'est que nous avions une mouette qui venait picorer sur les gouttières de notre appartement du cinquième étage et......Et .....j'ai honte ....

S'il vous plait, ne m'envoyez pas la SPA

Par Lola - Publié dans : Texte
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Vendredi 28 août 2009 5 28 /08 /Août /2009 23:08

C’est trop petit ici. J'étouffe.

La mer est si petite, et le monde trop étroit. Je n’ai pas assez de temps. Crois moi. Un jour on se réveille et ce qui nous a permis de vivre jusqu’ici… [Vivre avec joie, rire, passion !] Est devenu une chose sphérique en métal accrochée habilement à votre coeur par une chaîne…Si lourde qu’elle sclérose tout mouvement, si pesante qu’elle en est devenue douloureuse, et si habituelle qu’imperceptible et insoupçonnée. Ca entaille à chaque mouvement, comme des cicatrices invisibles qui peinent à se refermer. Cette chose, c’est ce qu’est devenu votre vie.

Il faut ouvrir les volets, je veux voir le soleil. Ouvre.

Si un jour vous aviez su que ce que vous appeliez amour, est devenu si fade que vous en avez même oublié le goût...
Il y a toujours quelqu’un pour vous donner le dosage de l’Amour: une pincée d’Eros, une cuillère d’Athéna pour la raison, une autre d’Aphrodite pour l’amour et la beauté…Mais c’est toujours la même recette, abominable, à laisser en état, cela ne rendra pas plus heureux, mais au moins ça rassure.

Viens, on s’en va.

Etre rassuré ? Moi au contraire c’est l’absence de mouvement qui m’oppresse. On s’enlise, on se lasse, on fini par mourir de n’avoir rien vécu. Je veux que ma recette change d’ingrédients quotidiennement. Je veux vivre, ne pas mourir à petit feu. Je refuse l’illusion de bonheur, celui-ci doit m’étreindre, me bousculer, me surprendre. Je veux que cela soit violent. Positivement violent. Je veux pouvoir le dire, « Je t’aime » avec le ventre qui se déchire, la poitrine qui explose, que cela me prenne au corps comme une envie de te faire l’amour. Là, tout de suite: maintenant, et ici.

Je voudrais que tu me fasses l’amour dans les jardins de Babylone.

Je veux pouvoir sauter d’une falaise protégée par les simples filets de ma confiance, je veux traverser l’océan dans un voilier à trois mats, avec toi comme équipage, explorer les fonds marins en apnée, chercher un trésor, trouver du corail, pêcher au harpon…Qu’on nage avec les dauphins au bout du monde à Pen Ar bed, près de l'ile de Ouessant, là où il y a le plus de courants, et après on partira loin, apprivoiser des lions dans la savane…

Il faut partir d’ici. Allons voir l’Eté indien.

Puis, je serais carriériste, médecin et pédiatre, agrégée de philosophie et de littérature, pour pouvoir tout lire et tout apprendre…Etre psychanalyste en Argentine, archéologue en Alexandrie, être pianiste à Vienne. Parler toutes les langues, le grec, surtout le grec ! Et le latin, aussi…Pour savoir déchiffrer les épitaphes, quand j’irais sur l’acropole, à Athènes. Et je te raconterais des histoires, tout les mythes des Dieux de l'Olympe, je t’apprendrais le peu que je sais, je te le promets.


Athènes…

Je serais cette danseuse de Tango argentin qui fait frémir les spectateurs de tant de sensualité et d’érotisme, avant d’être un gavroche sur la barricade ou une révolutionnaire au Chiapas, je ferais des compétitions de natation en dos crawlé, je mettrais moins de 35 secondes pour faire 25 m ! Tu serais loin derrière !

Suis-moi. Je t’en supplie.

En autostop jusqu’à Syracuse avec juste rien sur le dos, ou en kayak sur le grand canyon, à nous les chutes enragées et les paysages éblouissants ! J’irais gagner encore plus de vitesse en descendant les neiges du Fuji-Yama en skiant! Tu viendras? On ira se reposer en lisant Kundera devant le crépuscule du pôle, là où le soleil ne se couche qu’une fois…une fois!

J’ai peur que ça s’échappe. Dépêchons-nous.

Je ne veux pas mourir, un jour, embarrassée de rêves.

Par Lola
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Vendredi 28 août 2009 5 28 /08 /Août /2009 23:06
Hier,

Hier, on a été faire un beach volley sur la plage, sous la flotte. Il pleut, on est en Aout, il pleut, il pleut, ça mouille. On se jetait dans le sable pour attraper les balles. Y'en a un qui lance des boulets de canon et ça fait drôlement mal aux avant-bras quand tu rattrapes pas bien. Il faut bien essuyer le ballon quand c’est à toi de lancer parce que sinon, le sable du ballon il va direct dans les yeux. Et après ça pique, t’es obligé de cligner des yeux au moins mille fois avant que les grains de poussière s’en aillent. En attendant, les autres ils te regardent et ils se marrent parce que t’as l’air d’un con à clignoter des paupières en chialant. Et y’a aussi des fois où tu te casses la binette dans le sable et puis tout le monde rigole. On a même cassé un château de sable tout neuf avec notre ballon. Sans faire exprès. Y'en a un, de mioche, qui va pas être très content. On s'en fou, tu vois, on l'a même pas reconstruit après. Faut quand même pas pousser. Ce sale mioche, il avait qu'à ranger mieux ses affaires.


Puis on s'est baigné. Sous la pluie. Parce que de toute façon t'es trempé à l'extérieur de l'eau alors autant en profiter pleinement. Je suis quand même pas resté très longtemps, parce qu'il faisait plus chaud à l'extérieur qu'à l'intérieur. La mer, c'est pas toujours chauffé. Y’avait plein de vagues, et puis aussi des tonnes d’algues. Il parait que toutes ces algues ça fait fuir les touristes. Tant mieux. Moi je trouve ça joli, les algues. Puis les touristes ils polluent la mer avec leur crème solaire, et les plages avec leurs mégots et leurs canettes immondes. Dès fois y’en a dont la présence est plus vulgaire que la marée verte. Le soir ils oublient leurs sacs plastiques et ça va dans les poumons des dauphins. Alors ils disent qu’ils sont écolos mais que la prise de conscience doit être d’abord collective. Ils ont pas compris que les dauphins ils mangent pas des sacs plastique. J’aimerais bien avoir un copain dauphin.


Quand on en a eu marre de se baigner, on a couru sur le quai avec nos cannes à pêches, c'était pleine mer, les bateaux rentraient au port, pas les yatchs. Ceux là, ils restent tout l'été au port mais ils sortent jamais, on dirait qu'ils sont emprisonnés dans leur luxure...On est resté trois heures a attendre, a dégommer des vers de mer pour les accrocher au bout des hameçons, c'était drôle. Mais complètement dégueux. Il parait qu'il faut cacher l'hameçon totalement à l'intérieur du vers, pour pas que le poisson se doute de quelque chose. C'est drôlement minutieux de mentir aux poissons. Et puis de patouiller un peu le vers avec les mains. Il pleuvait des cordes, comme si le nuage avait un forfait illimité d’eau. Bon, on a rien péché du tout pendant au moins deux heures. Personne n’osait dire « on rentre ? » parce qu’on se marrait bien, et puis on sentait vraiment plus la pluie, vu qu'on était déjà trempé comme des gaspachos. De toute façon, on a décidé que c'est pas la flotte de rien du tout, qui va nous gâcher nos super belles vacances.


Au bout d'un moment il faisait presque nuit alors d'un coup on a pêché trois daurades, elles sont arrivées toutes en même temps. On avait six cannes à pêches, comme ça les poissons ont l'embarras du choix. Alors on est rentré à la maison, et on a découpé les têtes des poissons, c'était encore plus dégueu que l'hameçon enfoncé dans la bouche des vers. J'ai cru que j'allais vomir comme en cours de sciences nat et que tu fais des dissections. Alors j'ai pas trop regardé quand quelqu'un a enlevé tout les trucs gluant qui se mangent pas au dedans du poisson. J'ai demandé si y'avait encore le vers de mer, dans le poisson. Apparemment non, il a disparu, j’y comprends rien, c'est un peu mystérieux. A la place de virer les écailles, moi, j'ai épluché des pommes de terre. Parce que les écailles, bon, c’est marrant cinq minutes. Après on a tout mis au four...C'était drôlement bon.


Et puis maintenant, on est même pas malade.
Par Lola - Publié dans : Texte
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Vendredi 28 août 2009 5 28 /08 /Août /2009 23:05
Misère...

Au petit matin…Des brisures de verre dans tous les coins, de la chambre jusqu’à la cuisine de mon palace…Moi qui n’étais pas forcément une adepte du leitmotiv médiatique « insécurité » lors des campagnes présidentielles, j’avais négligemment occulté de fermer mes volets, avant de découcher.

Je redécouvre chez moi, en même temps que les débris, ce côté révolté qui a accompagné mon adolescence. Vous savez bien, c’est juste le moment où on pense que tout les autres sont des cons. Ca, ça passe, après. Normalement. Je dis bien normalement, parce que là, cela m’est revenu comme un boomerang. Douce saveur qu’est la révolte. Finalement, ce n’est pas désagréable, le piment, l’adrénaline, la colère, quand cela ne dure pas. Dites, y’a de quoi être irritée…qu’il y ait toujours quelqu’un pour saloper gratuitement ce que tu as…De quoi être irascible à la vue d’un reste de cadavre de fenêtres, explosées par l’impact d’un jet de pierres, lesquels trônent triomphalement, en plein milieu de ma chambre se vautrant dans la fange abjecte de leur odieuse victoire.

Je n’avais jamais haï un caillou, avant. Faudra que j’en parle, ça me perturbe, cette personnification.

Vous vous rendez compte ? Des milliers de microfibres de verre collées nonchalamment sur la moquette, couette, bureau, livres, fringues et le reste ; Tout espoir d’être nu pieds et en confiance dans ma propre maison, s’envole jusqu’au restant de ma vie… a moins de déménager. Oui. Parce que cette pensée n’a pas manqué de me venir à l’esprit, aussi. Parmi d’autre, parce que ça cogite dur…Et puis y’a des pensées plus inavouables. Au choix, « Bon. Je verrais ça demain, je vais manger des bigorneaux à cancale. » ou pire « Moi, je hais la terre entière et le premier innocent qui passe va le savoir ». Sur ce je retrouve les para boots des années sulfureuses et je m’en vais en guerre accompagnée par la musique de Braveheart. La la la !

Bon j’arrête de déconner, parce que c’est pas drôle, et puis l’assurance traine à réparer, qu’il y a 147 euros de franchise, et qu’en attendant, j’ai un affreux, abominable et menaçant courant d’air encore plus impossible à atténuer que ma rage…Si je tenais la personne qui a fait ça ! Ce ne serait pas très féminin, la bagarre. C’est pas grave, le public fermera les yeux, si y’a trop de sang, parce que je suis pas du genre à tendre l’autre joue. Des témoins ? Personne n’a rien vu, rien entendu. Bien sur. Pas même ce voisin qui empeste le tabac et la vinasse.

En réalité, y’a plus qu’à rester stoïque. Juste le temps d’imaginer de quelle manière il faut prendre ça pour subir le moins possible les événements. Occulter toute pensée matérialiste ? Ou prendre les choses en main. Tiens, j’ai appelé la police, pour qu’ils constatent. Ah, ça pour constater…ça aurait pu être plus long : une ligne sur un petit carnet : « Deux vitres cassées par des jets de pierre venant de… ». Gros doute. J’ai bien senti une sorte d’effort surhumain sous un des uniformes pour tenter de déterminer si une des vitres n’avait pas été cassée plutôt de l’intérieur, comme si j’avais mis au point un plan machiavélique, un subterfuge, une arnaque à l’assurance ou…Moi j’attendais que ça se passe tout en tentant de rester aimable malgré la suspicion pesant sur moi, tandis que je pensais tout bas « nan mais toi, arrête de réfléchir, tu te fais mal ».

Voilà…Ensuite ils sont partis, tout en me disant d’aller porter plainte mais que ça servirait à rien. Donc j’ai suivi ces tendancieux conseils et j’ai marché jusqu’à chez ces messieurs les commissaires, pour mes doléances. Je me suis plainte. C’était une chouette journée comme je n’en ai pas beaucoup.
Par Lola
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Vendredi 28 août 2009 5 28 /08 /Août /2009 23:03
Avant-hier ! Vent de 20 à 30 Km/ heure, mer basse : temps idéal. Je file.

Hop, un petit coup d’accélérateur jusqu’à la pointe des Roseraies, la terre découpée aux cisailles sur la falaise, entre la terre et l’eau, il y a l’air. Il n’y a plus qu’à s’y jeter. Quel pied : véritablement. Quel pied…

Comment vous dire…Près de chez moi, y’a une côte, limité à 30, parce qu’au dessus, y’a une voie ferrée, puis ça retombe à pic. Quand j’y passe en voiture, (j’évite parce que ça tue quand même les suspensions), j’accélère. J’appuie un peu, jusqu’à obtenir la vitesse suffisante, celle où mon cœur se décroche arrivé en haut et que la voiture fait un bond. Un haut le cœur d'un quart de secondes, ça me fait toujours rire, après. Même quand je suis toute seule.

Alors, quand je saute au dessus de la falaise, avec mon parapente, et qu’il y a assez de vent, ce haut le cœur est presque constant. C’est pourtant pas le même, y’a la sensation de vertige en plus, puis l’impression d’être raccroché à rien, d’avoir le vide en dessous…C’est fantastique. Y’a plus qu’à se laisser balancer par le vent au dessus du vide, s’accrocher aux vents chauds, planer aux dessus des cimes, les frôler du pied, le soleil en pleine face…Entre la mer et le ciel…

Il n’y a que moi, mon binôme, mon corps et le sien ne devant faire plus qu’un…Moi entre ses cuisses, posée contre lui. On est pas bien, là…Tout les deux…et on tournera quand on aura envie de tourner…Je peux bien vous le dire. Faire l’amour en sautant en parachute, ça doit être terrible. Bon, techniquement, je sais pas trop comment ça se passe, faudrait quand même pas trop se mélanger les fils. Faudra que j'y réfléchisse.

Bon, reprenons…D’abord, tu t’accroches. Enfin, ils t’accrochent, parce que toi, honnêtement tu n’es pas foutu de faire grand-chose, avec tout l’attirail encombrant que tu te payes. Puis en plus d’être un peu pataud (essayez de courir, vous, avec un siège accroché aux fesses), t’as drôlement l’air d’un con avec ton coupe-vent et tes lunettes de soleil…

La première fois, t’hésites un peu, parce que c’est haut quand même, y’a la falaise, tu regardes en bas, puis soudainement, tu te rappelles qu’il faut impérativement que tu postes un truc avant 16H sinon ils te coupent l’électricité. « Ah, bin, je dois partir ». Ou alors t’invente un truc choc, Babouchka est à l’hôpital ou je ne sais quoi d’autre…Et donc au final, après que tout le monde se soit marré en pensant que tu blagues, tu entreprends de poser tes limites avant de faire le grand plongeon, pour garder un peu la face, par orgueil : « Hors de question de décoller si tu m’apprends pas à atterrir d’abord ». Franchement, j’avais la trouille d’avoir à arrêter la terre avec mes pieds. J’imaginais un atterrissage violent, un peu comme quand tu fais du parachutisme…Tu viens de si haut ! Tu as la terre qui arrive à toute berzingue pendant que toi tu es tranquille dans les airs à attendre, et d’un coup, paf, la terre atterrie sur tes pieds…Ah, putain, ça doit faire mal !

Donc ça, c’est non.

L’air de rien, tu glisses presque imperceptiblement que tu as la trouille, et l’autre qui entends tout commence à te faire une thèse sur l’importance de la peur dans les sports à hauts risques : « c’est normal de flipper, c’est ton instinct de conservation ». Lui, qui n'a sans doute jamais entendu parler de PNL, ne sait pas qu’il y a des moments, où il faut mieux dire : « rassures toi », que « ne t’inquiètes pas ». Ca évite que le cerveau entende des mots comme « risque », « conservation », "inquiétude"...et ce genre de mots abscons.


Tiens, y'en a un, là, sur le forum, qui fait des analyses gratuites et désintéressées. Il le dit, ça: "occultez l’affect et raisonnez"…N’empêche, que si j'avais suivi ce genre de conseils, j’aurais pris mes jambes à mon cou. Faut être sacrément timbré pour être accro à ce genre de sport. Nan, j’ai sauté. Parce qu'être raisonnable tout le temps, ça me gonfle. Alors j'ai couru, couru, couru!!! Puis, comme dans un dessin animé d’un coup j'ai dépassé la falaise et j'ai continué à courir encore au dessus du vide et je me suis retrouvé tout en haut!!! C’était extraordinaire !

Encore! Encore!!!!!! J'en veux encore...
_________________
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Mercredi 18 février 2009 3 18 /02 /Fév /2009 10:42
Il était une fois.

" Je me suis trompée. Encore une fois. J’ai chu dans mon cercle de désillusion qu’est l’amour, venimeux, imparable, impossible ». -« Hum», maugréais-je, bien sur sans y croire, et bien sur avec mon auréole imparfaite d’amie se voulant compréhensive et empathique, mon beau diadème aveuglant trônant sous ce faux air d’ingénuité, qu’est la solidarité féminine. Ah ! Ma belle amie ! Ce soir notre mauvaise foi n’aura d’égal que ton désenchantement !

Cet homme avait en plus noyé le fiasco de leur rendez-vous, manqué, sous un amas de détails insignifiants inexcusables et en trouvant cela héroïque, en plus ! de téléphoner 20 minutes avant l’heure ! Elle est blessée. Bien sur, qu’elle l’est ! Elle vient de passer trois heures à se pomponner comme une midinette qui part à un bal avec ses chaussures de verre, elle ne saurait que se trouver déçue. A miser sur l’apparat, pour se donner consistance, à spéculer sur son paraître comme pour défier sa condition, elle est combattue. Elle aurait pourtant eu bien du plaisir à se sentir idiote, parée comme une femme fatale, à la Monroe, la belle ingénue, attendant inexorablement que son héro de prince la fasse accoucher d’elle-même. Qu’il transforme sa misérable citrouille en une féerique berline ! Elle vient de placer la barre si haut qu’un Charmant est passé innocemment, juste en dessous ! Et qu’il n’y a vu que le feu de son inobservance. Ou bien sa seule forme de raison ou de lucidité, fut celle de la fuite, sans même oser relever avec bravoure le défi obligatoire que les femmes rêveuses, donnent perfidement, à leur supposé prince, -charmants par l’idéale intouchabilité lié à leur condition imaginaire- d’offrir chaussure à leur pied et d’en plus leur prouver que leur amour ne fut pas le fruit du hasard, mais bien de leur désir. Ce ne sont pas tous des cordonniers, il faut le savoir. Et vous pouvez aussi être va nu pieds.

Il y a toujours une épreuve. Dans tout les contes de fée, le prince doit s’enquérir de réveiller la femme passive, attendant depuis mille ans le baiser salvateur, prévoyant qu’un héro vienne les délivrer d’un mal abscons. Et ainsi, faire que l’Homme fasse émerger la femme endormie, du claquement de doigt de son amour inconditionnel, lequel apparaît bien évidement, de nulle part. Sans même la connaître, au premier regard, au premier instant, comme si tout cela était encré dans les papyrus et scellé dans le grand rouleau de l’amour : il l’aime, il sait qu’elle sait qu’il l’aime, et dans un demi aveu, ils s’attendent et se retrouvent. Foutaise ! Vous voyez bien que ce sont des Freudaines. Vous voyez bien que quelques souches Oedipiennes sont à l’œuvre…Mais je ne pourrais pas lui dire, à elle, que celui qu’elle cherche n’existe pas. Elle me répondrait, méthodiquement, logiquement, avec ses principes déterminés par avance, qu’avec tout les Hommes sur terre, ce serait impossible qu’il n’y en ai pas au moins un ! Un seul ! Qui sera capable de relever le défi de vouloir la rendre heureuse. Et bien ? Si ce n’était pas le cas ? Si son bonheur ne venait pas avant tout de lui, mais d’elle ? Parce que si elle pouvait être heureuse avant de le trouver, cela lui simplifierait un peu la tâche, à Charmant…Non pas que je sois pour libérer les princes de leur esclavagisme, mais que je comprenne que certains créent des groupuscules révoltés hurlant comme des loups solitaires sous la lune, tel Laborit, l’éloge de la fuite ! Qu’est ce qu’elle dégage comme beauté, ma perpétuelle insatisfaite amie, quand elle est de mauvaise foi ! Ma belle Bovaryste désillusionnée des choses dont elle ne badine plus !

Tiens, un mouchoir.

Alors dans cet état de fait, quoi de plus cathartique, le temps d’une soirée, que de lui laisser la possibilité de détester la passivité des Hommes et leur manières cataleptiques de ne prendre aucune décisions tranchées, leur jalousie, leur façons de mentir effrontément, devant une femme, comme s’ils avaient commis la pire erreur à dissimuler, pour éviter l’affrontement, par lâcheté, par bêtise, par couardise ? Allez viens ! Sèches tes larmes, ma belle et sucre l’amour de médisance puisque cela ne sera pas servi d’effets secondaires ! Elle déclamai, comme Musset, mais en occultant tout ou partie de la réalité, pour s’enfoncer encore un peu plus dans son désespoir...Elle lutte d’elle-même pour en sortir. J'appuyais sur l’imperfection de notre condition humaine, sur l’insatisfaction de sa demande et l’impossibilité de sa réalisation. Après qu’y pouvait-elle, si tout les hommes sont bavards, perfides, hypocrites, orgueilleux et lâches, méprisables et sensuels ? Puisqu’ils ne sont pas des princes charmants ?

Si c’était la première fois! Mais ce coup-ci, elle essuie encore l’affront de l’échec amoureux, pour la énième fois, sans cesse réitérée. Il ne s’agit que d’une répétition de contes de fée, qui tourne avec constance, régularité et acharnement à l’échec pur, simple, et sans ambages. « Retournez case départ». Remarque c’était cela où retourner en prison. Celle qu’elle exècre, la prison amoureuse, se tenir mutuellement en laisse.Comme si avant de décréter l’état de pause diplomatique il y avait de manière systématique, l’état "meurtrissant d’aliénation consentie" et participative. Après tout, je lui suggère, en usant de sa métaphore politique, qu’il s’agit désormais de retrouver un « Etat de coexistence pacifique », avant de trouver quel sera son nouveau prince qui ne remportera évidemment pas tout les suffrages. Mais je crois que là, ce soir, elle préfère l’état de garce!! Cette nuit, elle prônera Nietzsche : il y aura de l’amertume dans le calice. C’est dit, ce soir nous boirons du champagne sans bulle, dans un bain sans mousse. Ce soir nous mettrons le feu à l’indépendance de la femme, nous nous passerons des Hommes le temps de réchauffer son petit coeur meurtri. Lequel, entre nous, ne fut touchée finalement que par l’affront porté à son orgueil, non à son amour.

Mais voilà. Tout homme qui passe la porte, arrogant, méprisant, sur de lui, l’air invulnérable et supérieur, la fait défaillir. Tout homme intouchable et rebelle dont la gracieuse et inaccessible beauté se dégage d’une fierté éloquente, la foudroie comme l’éclair du coup de foudre sans cesse réitéré. Si c’est lui, sa dévotion féminine pourra l’amadouer, le séduire, l’apprivoiser. Si c’est le bon, alors elle croira pouvoir faire taire son animalité. La belle au devant de la bête. La femme active allant à la conquête de l’impossible, bravant les apparentes difficultés, ayant l’inspiration à vouloir créer une autre forme d’amour, changer l’homme qu’elle voudrait, probablement, aimer, parce que d’emblée il convient à son désir, mais pas à ses aspirations. Instantanément, elle se dit que si le challenge est réussi et le défi relevé, c’est qu’il aura prouvé la fidélité et l’absolutisme de son amour en changeant, pour elle. Pouvant mourir, pour elle, et comme un prince relever toutes les épreuves, se sacrifier pour adoucir les difficultés de la vie, se battre à sa place, offrant l’étendue infini de sa confiance, en un mot : qu’il soit à la hauteur de ses batailles, à elle. Elle rêve que son chevalier lui parle d’éternité, d’avenir et d’un empire indestructible d’amour, le tout enrobé des pétales rouges de sa passion, et du champagne à la louche, du caviar à sa bouche. Dans ses songes chimériques, il se rapprochera d'elle, posera ses lèvres inconnues d’un infini douceur sur les siennes et dans une aura de tendresse, ils s'envoleront, tout deux, au galop, sur un intrépide cheval blanc. Hé! Vous là-bas! Les chevaux sont interdits, dans le métro!

Mais son amour est une constante bataille pour l’insatisfaction et ce jeu ne peut supporter que deux perdants. Retour case départ. Si je m’étais permis, j'aurais posé mon auréole de la bonne copine et je lui aurais dit tout cela. J'ai pourtant préféré les préciosités du silence. A la place, je lui ai sorti un autre mouchoir et en le lui tendant je lui ai suggéré qu'elle n'avait plus aucun souffle pour pleurer et qu’il valait mieux en rire, désormais. Que c'était pas si grave.

Ne crois tu pas à cet amour fraternel, limpide, clair, organisé, raisonnable et imparfait ? Celui qui masque les faiblesses et les imperfections de l’autre en valorisant avant tout les qualités ? Celui qui pardonne un rendez-vous manqué ? L’amour avant l’orgueil ! Fermons donc la porte à tout ces idéaux, n’espèrons plus embrasser un jour , ni l’inaccessible prince de notre conscience, celui qui nous a fait attendre Mille ans! Ni le crapaud visceux qui attend sa transformation dans la baignoire! Ouvrons les bras à celui avec qui nous serons le plus en confiance et qui n’aura rien à nous devoir, ni à nous prouver et dont la réciproque vaut tout les trésors du monde!

Tu sais, Musset disait des hommes qu’ils étaient lâches…Pas tous! Et quelques femmes n'ont rien à leur envier: narcissiques, vaniteuses, bavardes, perfectionnistes et dépravées. Il disait aussi que ce qui est sublime, c’est l’union de ces êtres si imparfaits. Les failles et défauts existent, même chez superman!…Et moi, j'y crois à l'Amour!
Par Lola
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